bijoux-anciens-11 – Quelle est l’histoire des bijoux anciens ?

Connaître l’histoire des bijoux anciens

Par définition, le terme de bijoux anciens désigne un bijou fabriqué il y a plus de 80 ou 100 ans, ce qui inclut plusieurs décennies de la première moitié du XXe siècle. De manière plus générale, le bijou ancien vient du XIXe siècle, mais certaines pièces rarissimes du XVIIIe peuvent encore être trouvées, bien que ces dernières soient inaccessibles au commun des mortels. Créés à l’époque des inspirations naturalistes, antiques ou gothiques, ces joyaux ont su conquérir le cœur des nouvelles générations, soucieuses de s’orienter vers ces bijoux empreints du passé et non des pièces fabriquées en série.

Toutefois, pour les apprécier à leur juste valeur, connaître l’histoire des bijoux anciens paraît indispensable. De la joaillerie française aux joyaux de la couronne de France, sans oublier les bijoux anciens de créateurs qui ont marqué leur époque, le sujet est vaste, mais il mérite toute notre attention. Découvrez les origines de ces objets qui ont traversé le temps.

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La joaillerie française, haut lieu des bijoux anciens

La France a toujours été l’un des pays les plus influents en matière de joaillerie. Déjà au XVIIe siècle, Paris est considérée comme l’une des capitales du monde dans ce domaine. Ce développement est bien entendu considérablement favorisé par la monarchie en cours à cette époque, et plus particulièrement par le règne de Louis XIV, lui-même fervent amateur de bijoux sous l’influence de son parrain : le cardinal Mazarin.

L’avènement des échanges internationaux permet également aux gemmes et pierres précieuses d’arriver jusqu’en France, pour le plus grand bonheur des joailliers parisiens qui rivalisent d’imagination pour façonner de toutes nouvelles créations. Leurs bijoux et parures finissent par rejoindre les élégantes tenues des dames de la cour et de la noblesse en général. Chacun peut montrer sa richesse avec des diamants et autres pierres précieuses, ce qui contribue à donner du prestige à la joaillerie française et à ses artisans.

Année après année, la réputation de Paris n’est plus à faire, et bien que les siècles soient passés, ce statut perdure et rayonne plus que jamais. La place Vendôme reste par exemple l’un des hauts lieux historiques des bijoux anciens, puisqu’après l’installation d’un premier grand joaillier en 1893, tous les créateurs les plus réputés du monde s’y relaient pour y ouvrir une boutique. Aujourd’hui encore, la place Vendôme est l’adresse incontournable des grands joailliers et des amateurs de bijoux.

Les joyaux de la couronne de France et le diamant bleu

En tant que l’une des principales monarchies du monde pendant des siècles, la Couronne de France abrite logiquement de nombreux joyaux.

La collection débute avec de multiples pierres précieuses, rassemblées sous l’impulsion de François Ier en 1530. Malheureusement, pour faire face à son endettement, Henri III finit par mettre la quasi-intégralité des pièces en vente. Seule une pierre échappe à cet échange : un rubis spinelle nommé Côte de Bretagne.

Néanmoins, le début du règne de Louis XIV marque le retour en grâce des joyaux de la Couronne. De superbes pierres précieuses rejoignent peu à peu la collection, avec entre autres :

  • le Bleu de France, aussi appelé diamant bleu ou diamant Hope ;
  • le diamant Sancy ;
  • les pierres Mazarin 17 et 18 ;
  • le diamant Régent.

Loin d’être gardées précieusement dans les tiroirs de la résidence du Roi, ces différentes pièces parent les tenues et symboles royaux. De l’insigne de la Toison d’Or à la couronne, en passant par les chapeaux et coiffes de Louis et Marie-Antoinette, toutes ces pierres précieuses sont portées et mises en valeur.

Les années passent et la Révolution française finit par faire rage. Une fois le Roi destitué, les joyaux de la Couronne de France sont stockés dans le garde-meuble de la Couronne. À ce moment, la collection contient plus de 10 000 diamants, 500 perles, 230 rubis et spinelles, etc. Or, dans un contexte économique et social aussi difficile, autant de richesses attirent la convoitise.

Le 11 septembre 1792, le garde-meuble de la Couronne est cambriolé. Si une partie des coupables se fait prendre, un pourcentage important des joyaux de la Couronne est perdu dans la nature. Parmi eux se trouvent le diamant Régent, le diamant Sancy ou encore le rubis spinelle Côte de Bretagne, qui finissent tous trois par être retrouvés après 2 ans d’enquête. De son côté, le diamant Bleu de France disparaît sans laisser de traces, avant de réapparaître 20 ans plus tard.

Les bijoux anciens des pays européens à monarchie

Les monarchies d’Europe sont réputées pour leurs pièces de joaillerie toutes plus magnifiques les unes que les autres. Parmi ces dernières, il est possible de citer la Couronne d’Angleterre, que tout le monde connaît, mais aussi une multitude d’autres pays parfois insoupçonnés. Autriche, Allemagne, Danemark, Finlande ou Hongrie, de sublimes bijoux et joyaux se sont transmis de génération en génération dans les anciennes monarchies européennes.

Les joyaux de la Couronne d’Angleterre

Les joyaux de la Couronne d’Angleterre sont considérés comme les trésors les plus précieux de la nation, à tel point qu’ils sont farouchement protégés depuis les années 1600 dans la Tour de Londres. Comprenant plus de 100 éléments et 23 000 pierres précieuses, ces objets de joaillerie ont une valeur inestimable.

Quelques pièces des joyaux de la Couronne d’Angleterre sont particulièrement connus. C’est par exemple le cas de la couronne de Saint Édouard, créée en 1661 et utilisée à chaque nouveau couronnement d’un monarque, ou encore de la couronne impériale d’apparat, créée en 1937, que le Roi ou la Reine arbore à de multiples occasions pendant son règne.

Toutefois, ces deux couronnes ne sont pas les seules pièces emblématiques des joyaux de la Couronne d’Angleterre, puisque ceux-ci se composent également du sceptre et de l’orbe des souverains, créés tous deux en 1661.

Les joyaux méconnus des monarchies européennes

L’Europe est connue depuis des siècles pour ses multiples monarchies, mais qu’en est-il de leurs joyaux ? À l’image de la Couronne d’Angleterre, de nombreux pays ont eux aussi un magnifique héritage en matière de joaillerie.

Les joyaux de l’Empire d’Autriche comprennent par exemple une vaste collection de :

  • couronnes ;
  • sceptres ;
  • orbes ;
  • épées ;
  • anneaux ;
  • croix ;
  • reliques sacrées.

Toutes ces pièces datent du XXe au XIXe siècle et sont pour la plupart conservées au musée du Trésor impérial de Vienne.

Dans le même registre, il est possible de citer les joyaux de l’ancienne Allemagne. En effet, en 1806, lorsque Napoléon bouleverse profondément l’organisation de l’Europe, le duché allemand de Bavière parvient à acquérir le statut de royaume. Nouvellement Roi de Bavière, Maximilien Ier, fête l’événement en ordonnant que des joyaux soient fabriqués pour la Couronne de Bavière. Pour l’occasion, une couronne est donc créée par les joailliers du pays, sur laquelle sont sertis des rubis, des diamants, des émeraudes, des saphirs ou même des perles. Transmise jusqu’à la fin du Royaume et la création de l’actuelle Allemagne, la couronne est désormais visible à la Résidence de Munich.

Les bijoux anciens de créateur du XIXe siècle — Empire et Art Nouveau

Dès 1799, et après plusieurs années de passage à vide, Napoléon débute le règne du Premier Empire. À cette occasion, il souhaite remettre la joaillerie au cœur de l’artisanat français, même si les matières premières et pierres précieuses se font particulièrement rares. Les bijoux anciens sont alors démontés pour être recyclés en de nouvelles pièces aux influences antiques, avec des symboles comme le sphinx, les pyramides d’Égypte ou encore le scarabée.

Le Second Empire (1852-1870) voit quant à lui perdurer l’inspiration antique, mais les camées regagnent la faveur des femmes, de même que le style néo-Renaissance et les motifs floraux et naturalistes.

Il faut attendre l’apparition du mouvement Art nouveau (1880-1910) pour que le monde de la joaillerie se renouvelle et sorte de son esthétique habituelle. De nouveau, les bijoux sont créés en petite quantité, ce qui explique leur rareté. Bien que la nature soit toujours au cœur de ces créations, l’émergence des couleurs pastel et des symboles féminins/fantastiques tranchent véritablement avec les tendances précédentes.

Les bijoux anciens de créateur du XXe siècle — Art déco et années 30

Après la Première Guerre mondiale, le monde tend à un renouveau dans de multiples secteurs. Parmi ces derniers, la joaillerie est évidemment concernée, avec l’apparition du mouvement Art déco.

Sensiblement différent de l’Art nouveau, cette nouvelle tendance se traduit par des formes plates et géométriques, mais aussi et surtout par l’utilisation d’alliages de métaux. Les créations des joailliers de l’époque ne sont pas non plus sans rappeler les mouvements artistiques qui ont pu émerger en parallèle, à l’image du fauvisme et du cubisme.

En ce qui concerne les matières premières, les artisans font des choix innovants. Ils utilisent ainsi du corail ou de la nacre. Par ailleurs, même si les motifs floraux et naturalistes subsistent, l’apparition de nouveaux symboles rappelant l’industrie (vis, écrous, etc.) révolutionne un peu plus le milieu de la joaillerie et l’univers des créateurs phares de l’époque, tels que Jean Fouquet ou Suzanne Belperron.

Les bijoux vintage de créateur des années 1950 à 1980

À la grande différence des bijoux anciens, les bijoux vintage se démarquent par leurs matériaux. En effet, cette ère voit apparaître la bakélite, la lucite ou la caséine, ce qui confère aux créations un air de bijoux fantaisie. Parmi les pièces phares de cette époque, citons les bijoux en verre de Murano, originaires d’Italie et très prisés par les touristes entre les années 1950 et 1960.

Dans le courant des années 1960, les bijoux se font encore plus colorés et audacieux, avec des branches de fleurs en émail, des boucles d’oreilles aux couleurs vives, etc. L’époque est au « Flower Power », y compris dans le secteur de la joaillerie. Toutefois, les années 1970 voient naître le début des bijoux fabriqués en acier inoxydable, et notamment en Grande-Bretagne. Bagues, boutons de manchettes ou colliers, les symboles rappellent ceux de l’industrie de cette époque, comme l’avait fait le mouvement Art déco en son temps.

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