reprogrammation-ethanol-112 – Quelle différence entre le bioéthanol, l’éthanol, l’E85 et le super éthanol ?

Éthanol, bioéthanol, E85 ou super éthanol : qu’est-ce qui les différencie ?

Tout savoir sur le bioéthanol permet de mieux cerner les caractéristiques de ce carburant issu de la fermentation de la biomasse. Pour autant, on n’entend pas seulement parler d’éthanol ou de super éthanol, puisque sur les pompes à essence, on voit aussi et surtout la notion d’E85 ou de SP95-E10. Pour les consommateurs, il devient donc un peu difficile de saisir la différence (parfois subtile) entre ces appellations de carburants.

Ensemble, nous allons passer en revue ces quelques désignations pour mieux les définir. L’objectif est de clarifier chaque produit pour mieux comprendre sa nature, son origine, ainsi que ses avantages et son utilisation. Une fois ces précisions apportées, nous pourrons mieux juger de chaque carburant et appellation, et ainsi mieux comprendre les rôles et provenances de chacun. Les enjeux liés aux véhicules, à la consommation, aux émissions de gaz à effet de serre, etc. seront ainsi mieux assimilés. Enfin, nous verrons comment ces carburants entraînent une vision plus vertueuse de l’environnement, du véhicule et de la santé de tous.

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L’éthanol et le bio éthanol, une solution qui ne date pas d’hier

L’éthanol n’est rien d’autre que de l’alcool, et de l’alcool éthylique plus précisément. Il est incolore, volatile, inflammable et miscible. L’éthanol est connu depuis très longtemps et remonte à une époque indéterminée où l’Homme a commencé à créer des boissons alcoolisées par fermentation. Mais, il existe plusieurs manières de produire de l’éthanol.

La source bioéthanol

Comme nous venons de le voir ensemble, la fermentation de certains végétaux (betterave, canne à sucre, etc.) produit des sucres, et les levures amorcent un cycle de décomposition et de fermentation des fibres végétales. De cette décomposition émane alors de l’alcool appelé éthanol.

Cet éthanol, issu de la fermentation d’un organisme végétal vivant (« bios » en Grec), est alors appelé bioéthanol. Il faut donc comprendre que le bioéthanol n’est pas nécessairement issu d’une filière de l’agriculture bio, mais que son appellation est due au fait que son origine provient du végétal vivant (« bios »).

La source synthétique

Comme de nombreuses substances faisant partie de notre quotidien, l’éthanol peut être synthétisé. Cela signifie qu’il peut, grâce aux progrès des sciences chimiques, être reproduit à base de composés artificiels. En d’autres termes, il est possible de « fabriquer » de l’éthanol à l’aide d’autres substances ou techniques non issues du vivant. En France, c’est en 1826 que Georges Serullas réussit à synthétiser de l’éthanol par hydratation en catalyse acide de l’éthylène. Ce procédé est aujourd’hui encore largement utilisé par l’industrie.

Voici pourquoi la filière de création de l’éthanol, lorsqu’elle est issue de la fermentation du végétal, donne le préfixe « bio » donc « bioéthanol ».

E85 et super éthanol, deux dénominations qui se rejoignent

Les choses se simplifient au fur et à mesure que l’on progresse dans la mise en lumière des termes liés à l’éthanol. Comme nous avons pu le voir précédemment, l’éthanol est un alcool. À ce titre, il possède des caractéristiques intrinsèques permettant de le mixer avec de l’essence, en certaines proportions, et d’être ainsi inséré dans un moteur à explosion.

En effet, l’alcool est explosif. Il possède une température et un niveau de pression à partir desquels il peut détonner s’il est assorti d’une source de chaleur (étincelle de bougie). L’éthanol en tant que carburant semble donc être une réponse aux enjeux environnementaux, sanitaires et économiques, car il entraîne :

  • une réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
  • une baisse des émissions de particules fines ;
  • une promotion de l’énergie propre et bio sourcée ;
  • un retrait des voitures polluantes grâce aux aides et primes à la casse ;
  • une prime à la conversion à l’éthanol ;
  • etc.

Face aux enjeux, en France par exemple, le 1er janvier 2007 symbolise la date d’autorisation de commercialisation du bio carburant. C’est à ce moment que les stations ont vu de nouveaux modèles de pompes arriver sur le marché. Estampillées SP95-E10 ou encore E85, ces pompes distribuent de l’essence sans plomb mixée avec de l’éthanol. Notons que le niveau de mixité peut différer (jusqu’à 10 % d’éthanol pour une pompe E10 et jusqu’à 85 % d’éthanol pour une pompe E85).

De manière générale, l’essence versée dans le réservoir d’une voiture peut accueillir jusqu’à 85 % d’éthanol (sous réserve de compatibilité avec les moteurs homologués ou équipés pour de telles proportions). Il faut savoir que le pourcentage de 85 % représente un indice élevé en éthanol, voire un « super » indice d’éthanol (et donc du super éthanol). De même, il est important de comprendre que le E85 et le super éthanol signifient la même chose. La dénomination officielle reste « super éthanol », mais la signification dans la nomenclature des carburants est quant à elle E85.

Histoire de l’éthanol dans les moteurs et état des lieux de nos jours

Comme nous avons pu le voir, l’éthanol est un alcool qui possède des caractéristiques permettant son adduction à l’essence dans un moteur à explosion, le transformant alors en carburant. Il faut bien comprendre qu’il fut un temps où l’éthanol était le carburant qui s’imposait, et que les voitures de l’époque roulaient entièrement à l’alcool (la Ford T de 1908 était multi carburants).

Puis, le pétrole est arrivé, et à l’époque, il coûtait moins cher à produire que l’éthanol. C’est donc en toute logique économique que les moteurs ont été pensé pour fonctionner au pétrole, selon des degrés de raffinement et des traitements différents (différences entre essence et gazole).

Aujourd’hui, par la raréfaction des ressources d’énergies fossiles, le pétrole devient de plus en plus cher et l’éthanol redevient une alternative économique pour faire fonctionner le moteur à essence de la voiture particulière. Mais, tous les moteurs à essence sans plomb ne sont pas conçus pour tourner à l’éthanol pur ou même au super éthanol. Généralement, les moteurs à essence admettent :

  • jusqu’à 5 % d’éthanol (E5) sans danger ;
  • 10 % d’éthanol (E10) sans adaptation spécifique, et ce, pour la plupart des moteurs ;
  • jusqu’à 85 % d’éthanol (E85) avec une conception d’origine prévue pour (technologie Flex fuel), la mise en place d’un boîtier spécifique ou une simple reprogrammation selon le moteur.

Attention, les véhicules diesel ne peuvent pas bénéficier pour l’heure de l’adduction éthanol, mais des travaux sont en cours concernant cette possibilité.

Bio éthanol, super éthanol ou E85, quel avenir pour ce carburant ?

Nous l’avons vu, l’éthanol était déjà commun avant l’apparition du pétrole. C’est la raréfaction de ce dernier qui lui redonne désormais sa place sur le devant de la scène des carburants. Son prix à la pompe reste toutefois bien en dessous du gazole et de l’essence sans plomb.

Pourtant, peu de moteurs peuvent fonctionner d’origine à l’E85 (sauf technologie Flex fuel). Pour qu’un moteur essence accepte du E85, il faut ainsi le plus souvent l’équiper d’un boîtier spécifique ou, plus simplement, effectuer une reprogrammation (si cela est possible).

À court terme, il est facile d’imaginer les économies réalisées. Mais, rouler à l’éthanol, c’est également solliciter la filière « sucre » de l’agriculture, et donc développer les inconvénients de cette filière (pesticides, production intensive, diminution de la part dédiée à la nutrition, etc.). Par ailleurs, si tous les véhicules devaient rouler au E85, les superficies dédiées aux cultures sur un territoire donné ne suffiraient plus aux besoins de la population en termes de besoins pour le secteur du transport.

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