reprogrammation-ethanol-1343 – Moteur Flex fuel : est-il possible de rouler à l’éthanol sans adaptation ?

Un moteur Flex fuel peut-il rouler à l’éthanol sans reprogrammation ?

À l’heure actuelle de hausse vertigineuse des prix du carburant et d’alertes répétées sur la pollution environnementale, le concept du « rouler vert » s’impose naturellement à tous les propriétaires d’automobile. Ledit concept consiste à adopter des alternatives fiables, moins polluantes et plus économiques à l’essence et au diesel habituellement utilisés.

À cet effet, l’éthanol est l’une des solutions les plus plébiscitées. Ce carburant végétal et moins cher que les carburants traditionnels est adopté par les automobilistes pour diminuer leur impact carbone et leurs dépenses. Toutefois, seuls les moteurs compatibles avec l’éthanol ou convertis à l’usage de ce biocarburant peuvent être alimentés avec ce nouveau carburant. Avec un moteur Flex fuel, découvrez les possibilités en matière d’usage de l’éthanol.

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Qu’est-ce qu’un moteur Flex fuel ?

Les véhicules Flex fuel sont des modèles conçus pour fonctionner aussi bien à l’essence qu’à l’éthanol. Cette performance est due à l’usage de la technologie dite Flex fuel qui confère au moteur un mode de fonctionnement fluctuant en fonction du type de carburant.

La technologie Flex fuel

Développée dans les années 1970, la technique Flex fuel est un mode d’alimentation et de carburation utilisé sur un moteur à combustion non-diesel, afin de lui permettre d’intégrer indifféremment de l’essence traditionnelle, de l’éthanol ou un mélange des deux types de carburants. Ce type de moteur est par ailleurs capable de supporter des taux d’éthanol allant de 0 % à 100 %. Ainsi, il peut rouler sans risque au super éthanol E85 et au super sans-plomb.

Le fonctionnement d’un moteur Flex fuel

Bien qu’il présente des spécificités bien à lui, le moteur Flex fuel est un moteur à explosion, au même titre que le moteur à essence classique. De fait, tout comme ce dernier, il connaît une phase d’admission, une phase de compression, une troisième phase d’explosion et une dernière phase d’échappement.

Durant la première phase, le cylindre du moteur aspire un mélange d’air et de carburant par la pipe d’admission, à une pression de 50 à 120 bars. La soupape d’admission se referme ensuite et retient le mélange dans la chambre de combustion, où un piston prend le relai pour comprimer l’air et le carburant aspirés. Il s’ensuit une phase d’explosion au cours de laquelle la bougie produit une étincelle qui déclenche une explosion, laquelle délivre l’énergie du moteur. 

Enfin, le moteur connaît une dernière phase d’échappement durant laquelle le système évacue l’air et le carburant brûlés pour faire de la place à un nouveau mélange air-carburant. Tout ceci se fait en parfaite adéquation avec le type de carburant ingéré par le moteur.

Un moteur Flex fuel est-il naturellement compatible avec l’éthanol ?

Connues sous les noms de véhicules polycarburants ou véhicules à carburant modulable (VCM), les voitures équipées d’un moteur Flex fuel sont naturellement adaptées à l’éthanol. Elles n’ont donc ni besoin d’être équipées d’un kit éthanol ni d’être modifiées par reprogrammation bioéthanol. En effet, le moteur Flex fuel a un système flexible, d’où le préfixe flex, qui lui permet de supporter toutes les spécificités du biocarburant.

Un moteur composé de matériaux adaptés à l’éthanol

L’éthanol a un effet corrosif et décapant qui, en principe, le rend inapte à l’utilisation à long terme sur tout type de moteur, en particulier sur les moteurs à essence classique. Toutefois, avec un moteur Flex fuel, les pièces d’usure les plus exposées à l’action corrosive et détergente du biocarburant sont originellement fabriquées en conséquence.

Ainsi, contrairement aux moteurs classiques, les Flex fuel sont composés de durites et d’injecteurs fabriqués à base de polymères et de composites. Grâce à ces matériaux résistants, le moteur inhibe le caractère hygroscopique de l’éthanol, l’empêchant ainsi de capter et de retenir l’humidité de l’air. De plus, ces matériaux confèrent au moteur une capacité naturelle de résilience et de dilatation.

Un moteur qui détecte tout type d’essence

Polycarburant, le moteur Flex fuel est un moteur intelligent qui reconnaît automatiquement tout type de carburant. En effet, lorsqu’un moteur Flex fuel est alimenté en carburant, la sonde lambda qui sert de capteur pour le système se charge de détecter le type de carburant et d’analyser sa composition. Elle mesure le taux d’oxygène, permettant au moteur de déduire les proportions d’essence et d’éthanol contenues dans le carburant.

Sur la base de cette information, le moteur adapte automatiquement son fonctionnement au temps de combustion du carburant incorporé, qu’il s’agisse de l’essence ou de l’éthanol. En l’occurrence, la sonde lambda, les calculateurs et le régulateur s’adaptent immédiatement au rythme d’injection du carburant.

Un moteur naturellement adapté à la puissance de l’éthanol

Avec un moteur Flex fuel, il n’y a plus besoin d’insérer des modifications dans les données du calculateur pour l’adapter au rythme d’allumage et de combustion de l’éthanol. Cette capacité est, en effet, inscrite dans le système du moteur et lui permet de le faire automatiquement, aussitôt que le moteur reconnaît l’éthanol. Ainsi, en présence du biocarburant, le moteur Flex fuel augmente son taux de compression afin d’atteindre un niveau optimal de puissance.

Peut-on convertir un moteur non Flex fuel en moteur Flex fuel ?

Un moteur non Flex fuel peut tout à fait être rendu polycarburant en l’équipant de la technologie Flex fuel. À cet effet, deux possibilités sont offertes.

L’installation d’un boîtier Flex fuel

Ce mode de conversion à l’éthanol se fait par l’installation d’un kit ou boîtier homologué par la marque Flex fuel. Ledit boîtier est posé dans le moteur entre le calculateur et les injecteurs. Il confère au système la capacité d’ajuster la quantité de carburant injectée en fonction du volume de bioéthanol disponible dans le réservoir. De même, le kit permet au moteur de recevoir suffisamment d’énergie par le calculateur afin de fonctionner de manière optimale. Après installation du boîtier, la voiture est en mesure de rouler à l’essence sans plomb ou au bioéthanol, quelle qu’en soit la proportion.

Cette méthode de conversion est adoptée par de nombreux automobilistes, parce qu’elle permet la modification de la carte grise de manière légale et donne droit à la prime éthanol dans certaines régions de France, comme le Sud-PACA. Cependant, les boîtiers Flex fuel ne garantissent pas toujours une meilleure performance au moteur, car ils sont génériques et ne sont pas conçus pour correspondre aux particularités de chaque véhicule.

La reprogrammation Flex fuel

Face aux limites de l’installation du boîtier Flex fuel, la reprogrammation Flex fuel ou reprogrammation éthanol est l’alternative privilégiée par de nombreux propriétaires de véhicules. Elle consiste en une adaptation du calculateur d’un véhicule aux spécificités de l’éthanol. Pour la réaliser, le spécialiste récupère la cartographie originelle du véhicule et la modifie pour la rendre flexible à l’essence, au bioéthanol et au mélange des deux. Ce moyen de conversion est relativement plus économique et plus fiable que l’installation d’un boîtier Flex fuel, car il est précis et sur mesure

En revanche, la reprogrammation Flex fuel n’est pas une opération homologuée, parce qu’elle ne nécessite pas la pose d’un équipement standard. Par ailleurs, elle ne permet pas de modifier la carte grise du véhicule.

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