thé-bio-115 – Quelle différence entre du thé conventionnel et du thé bio ?

Les thés conventionnels et les thés bio : similitudes et différences

Pour répondre aux questions de ce qui différencie les thés bio des thés conventionnels, il est important de rappeler dans un premier temps ce qu’est le thé. Ensuite, sa culture, sa production, son transport, sa préparation et enfin sa consommation (par infusion, mais pas seulement) doivent compléter l’étude qui en est faite afin de comprendre les différents produits qui en découlent. 

Une fois ces éléments de réponse apportés, il sera plus aisé de comprendre ce qu’est un thé bio ainsi que la qualité d’un tel produit sanctionné par un label. Nous étudierons donc les différences entre les thés référencés bio et les thés dits « naturels » ainsi que les thés conventionnels. Une même plante à feuilles peut donc se décliner en autant de méthodes d’agriculture et de consommation qui caractérisent la qualité du produit finalement infusé.

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L’origine du thé et sa diffusion

Le thé a son origine propre et son histoire a traversé le temps jusqu’à notre époque. Il est intéressant de s’arrêter sur certains points importants permettant de mieux comprendre ce qu’est cette boisson confectionnée à partir de feuilles de plantes.

L’origine botanique du thé

La plante qui donne les feuilles de thé (le théier) est une espèce d’arbuste de la famille des théacées contenant une molécule nommée la théine. Ses feuilles sont donc séchées et oxydées selon plusieurs stades possibles (ce qui contribue à la création de thés dits « noir » ou « blanc » ou vert ») et torréfiées. Une fois ces étapes effectuées, les feuilles sont broyées et parfois agrémentées d’autres ingrédients aromatiques et/ou gustatifs. Ensuite, un « vrac » de broyats est prêt pour être infusé par les consommateurs.

L’histoire du thé jusqu’à nos jours

Les premiers écrits relatant l’existence du théier nous permettent de déterminer l’époque du IVe siècle av. J.-C. comme celle des premières cultures dans la région du Sichuan en Chine. Mais ce n’est que le point de départ de cette grande histoire :

  • en 1559, les pays colonisateurs (France, Allemagne, Angleterre, etc.) ont connaissance de cette plante comestible et de ses infusions dans l’eau chaude ;
  • en 1712, un médecin allemand (Engelbert Kaempfer) en poste au Japon lui donne le nom de « Thea Japonense » ;
  • au cours des siècles suivants, la diffusion de cette plante et de ses vertus conquiert le reste du monde et notamment grâce à l’expansion de l’Empire britannique et la création du Commonwealth.

En 2021, 3,36 millions de tonnes de thés ont été consommées dans l’ensemble des pays du monde.

Les thés et les infusions se confondent parfois

Il arrive souvent que l’on se voie proposer des infusions en lieu et place d’un thé. C’est une confusion largement répandue qu’il nous faut corriger. Les infusions consistent à immerger des plantes dans de l’eau (chaude ou non) pendant un certain temps afin de créer une boisson. Bien évidemment, le thé (vert, noir, blanc ou jaune) est un produit naturel pouvant être infusé. Mais d’autres plantes peuvent également être infusées (camomille, menthe, jasmin, etc.). Les thés sont donc des infusions, mais toutes les infusions ne sont pas des thés.

Par ailleurs, chaque plante infusée produit un effet différent et certaines plantes sont ainsi utilisées pour leurs bienfaits sur la santé selon les maux à traiter.

Thés bio, thés naturels et thés conventionnels : comment s’y retrouver ?

Comme expliqué précédemment, le thé provient de l’agriculture d’une plante (théier) dont les feuilles sont transformées (par oxydation, torréfaction, etc.) et sont destinées à être infusées par les consommateurs.

Mais, comme pour le café par exemple, il existe plusieurs variétés de thés (verts, noirs, blancs, etc.) et surtout plusieurs niveaux de qualité.

Le thé conventionnel

Un thé conventionnel est un produit d’une agriculture non valorisée. Cela signifie que les méthodes d’agriculture, de récolte, de traitement, etc. répondent à des standards visant plus à optimiser les coûts de production que la qualité des produits. L’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques par les producteurs est autorisée. Certes, des critères de santé publique sont quand même imposés dans une telle filière, mais sans être poussés jusqu’aux effets à long terme de tels produits. Par exemple, aucune étape de lavage profond des feuilles (pour retirer les pesticides et engrais) n’a lieu avant emballage.

Certes, des seuils de contenance maximums des molécules de type pesticides doivent être observés par le thé conventionnel, mais ils sont plus bien élevés que pour du thé bio qui n’en contient pas, ou alors à des doses infinitésimales.

La valorisation du thé bio

Comme dans de nombreux autres domaines d’agriculture (cafés, céréales, primeurs, etc.), le bio a pris une place importante dans la culture du thé. Les préoccupations des consommateurs sont croissantes en termes de :

  • santé au long terme ;
  • respect de l’environnement et de la biodiversité ;
  • qualité des produits issus de l’agriculture ;
  • responsabilité des producteurs ;
  • respect des acteurs des filières (rémunérations correctes, conditions de travail satisfaisantes, etc.).

Bien évidemment, les consommateurs ne peuvent s’assurer eux-mêmes que toutes les étapes de production, transformation, transport et distribution soient ainsi respectueuses des valeurs qui sont les leurs. C’est donc dans cet état d’esprit que les labels ont vu le jour.

Un label, c’est l’assurance portée au consommateur qu’un cahier des charges a été respecté par la filière dont il est acteur final. Pour obtenir un label, les producteurs doivent respecter les contraintes édictées par ce même label. Pour s’assurer qu’ils le respectent effectivement, la certification (généralement attribuée par un organisme tiers) atteste de la réelle prise en considération des contraintes imposées par le label aux producteurs. Le label est donc un gage porté aux consommateurs que les valeurs affichées sont respectées et la certification en est la garante.

Les thés issus des filières biologiques labellisées et certifiées peuvent donc prétendre à une meilleure qualité des articles concernés.

Le thé naturel reste dans le paysage

Rappelons que le théier est une plante et qu’à ce titre, elle peut pousser de manière sauvage. L’appellation « thé naturel » englobe donc autant :

  • les plantes de thé sauvages évoluant en pleine nature ;
  • les plantes cultivées en dehors des labels et sans schéma d’agriculture conventionnelle (par exemple, un petit producteur qui cultive des théiers dans son jardin pour sa propre consommation ou pour en vendre sur un petit marché local).

Il est donc possible (pour les connaisseurs et/ou les chanceux) de trouver un producteur de thé qui propose un produit très qualitatif (parce qu’éloigné des zones d’agriculture conventionnelle, des grandes villes polluées, feuilles ramassées à la main, etc.) à un prix correct, voire bon marché, mais qui, pour autant, ne peut prétendre à aucun label ni aucune certification.

Pour conclure, le label est donc une assurance pour les consommateurs qui n’ont pas le temps ni l’opportunité de surveiller l’ensemble d’une filière, soit à peu près tout le monde. Grâce au label, la qualité du produit est garantie et les valeurs du label sont respectées. Mais certains privilégiés peuvent également trouver des thés issus d’une filière naturelle. Mais cela reste un marché à faibles volumes et où l’incertitude ne peut être compensée que par l’expertise d’un amateur averti et du temps qu’il peut consacrer à la recherche du thé naturel parfait.

Le thé conventionnel reste également une part importante d’un marché où certains consommateurs moins regardants peuvent toutefois profiter de produits satisfaisants, mais sans tendre vers une excellence qualitative ni environnementale.

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