toolbox-133 – Comment protéger des photos en ligne ?

5 astuces pour protéger des photos en ligne

Il faut être créatif et posséder de bonnes compétences pour faire de belles photos. L’univers du photographe professionnel se résume en partie à cela. Mais, une fois qu’il a fait parler son talent et qu’il commence à diffuser ses photos sur le web, il fait face à une grande menace : le vol et l’usurpation d’identité. En effet, sur les 3 milliards d’images échangées quotidiennement sur Internet, 85 % le sont illégalement.

Le nombre de copies illégales qui échappent encore aujourd’hui aux droits d’auteur est la preuve que beaucoup de photographes ne sont pas informés des mécanismes de protection qui existent pour les aider à se prémunir contre de tels abus. Il est important de les diffuser au maximum pour permettre à chacun de mettre en place la solution qui lui correspond le mieux afin de limiter la casse. Voici quelques astuces pour éviter le vol de photos en ligne.

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Diminuer la taille et réduire la qualité des photos

Il existe une panoplie d’actions à effectuer pour éviter que les images diffusées sur la toile ne soient détournées de leur utilisation première et utilisées à d’autres fins. La première chose à faire est de réduire la dimension. Plus une photo est grande, plus l’utilisation qui peut en être faite est vaste, et plus les risques d’emprunts ou de vol sont grands. Ainsi, il est préférable d’exporter les clichés destinés au web à une taille de 600 ou 700 pixels, jusqu’à 1000 pixels au maximum sur le côté le plus large.

En réduisant la taille des images, on obtient un taux de compression élevé et une qualité moindre. Il est aussi possible d’influer directement sur la compression des fichiers lors de l’export avec un logiciel de retouche photo. C’est un excellent moyen de maîtriser le poids final d’une photo et son aspect, et de la sauvegarder aux formats usuels du web. Certes, ces mesures n’empêchent pas le vol des images, mais couplées à d’autres, elles limitent grandement leur utilisation malveillante, notamment pour l’impression.

Désactiver le clic droit

La plupart des navigateurs proposent un certain nombre de fonctionnalités destinées à augmenter l’expérience utilisateur. L’inconvénient, c’est que les photos sont davantage exposées au vol. Par exemple, grâce à un simple clic droit sur une image, un utilisateur peut la sauvegarder dans sa galerie. C’est d’ailleurs le moyen le plus rapide pour récupérer des photos. Heureusement, il est possible de contrer ce biais assez facilement.

Sur un portfolio, il existe une parade simple qui consiste à insérer un code Javascript qui inhibe l’apparition du menu contextuel. Le problème, c’est que la désactivation du clic droit empêche les internautes d’avoir recours à d’autres fonctionnalités pratiques. Pour éviter cela, il est recommandé d’utiliser un attribut directement sur la balise image HTML. Dans ce cas, le clic droit est désactivé uniquement sur les images.

Il y a un autre souci avec cette technique : la plupart des navigateurs actuels permettent de désactiver le Javascript. Mais, en créant à la racine du site une page nommée error js.html, cette faille peut être contournée. L’internaute est alors informé de la nécessité d’activer le Javascript pour continuer la navigation. C’est une mesure radicale. Pour autant, ce n’est pas toujours très judicieux de procéder de la sorte, car cela réduit le nombre de visiteurs sur la page. Il est préférable de passer par les plateformes d’hébergement comme WordPress pour désactiver le clic droit sur les images.

Si l’usage du clic droit est courant pour copier les photos, d’autres techniques existent. Il est important de mettre en œuvre des mesures additionnelles pour limiter le vol, à savoir :

  • désactiver le cliquer-glisser des images dans Firefox ;
  • empêcher l’affichage de la barre d’image dans Internet Explorer.

Apposer un filigrane

Une technique de protection particulièrement efficace consiste à marquer les photos en apposant un filigrane. C’est une signature visuelle qui apparaît sur une photo pour signaler tout simplement qu’elle n’est pas gratuite. Cela peut se faire manuellement ou automatiquement à l’aide d’un logiciel de retouche photo. Il existe différents types de filigranes. Ainsi, le choix est laissé au photographe de marquer ses photos comme il l’entend.

L’une des techniques consiste à inscrire son nom (ou logo). C’est simple et très esthétique au demeurant, à condition de bien le caler dans un coin de la photo. Ce n’est pas le cas d’autres types de filigranes qui gâchent la beauté de l’image et de surcroît brouillent la vue. Si l’intérêt de placer un filigrane, c’est d’empêcher que l’image ne soit détournée de l’utilisation pour laquelle elle a été créée, il faut veiller dans le processus à ne pas la dénaturer.

En réalité, le filigrane n’a qu’une fonction dissuasive. Étant donné que les photos sont marquées d’une empreinte particulière, elles sont protégées dans l’absolu. Cependant, il y a un risque : une personne qui s’y connaît un minimum en Photoshop peut facilement effacer la signature présente sur une image et en réclamer la paternité, au grand dam du véritable auteur. Pour éviter cela, ce dernier doit absolument renseigner certaines informations dans le fichier image.

Compléter les données EXIF et IPTC

Il est recommandé aux photographes de compléter les données EXIF (Exchangeable image file format) et IPTC (International Press Telecommunication Concil) pour se prémunir contre le vol de leurs créations ou tout acte frauduleux de même nature. Ce sont des métadonnées encapsulées au sein même de l’image. Les EXIF fournissent les informations relatives à l’image et à sa création, tandis que les données IPTC renferment principalement des informations sur l’auteur. Loin d’être optionnelles, elles n’apparaissent cependant pas dans de nombreux logiciels de retouche.

Ces données sont disponibles aussi bien sur l’appareil photo que sur les logiciels de postproduction comme Lightroom, Luminar ou Capture One. Ainsi, les informations peuvent être renseignées soit lors de la prise de vues soit lors de l’importation et du classement des images. Selon les logiciels, l’accès aux données est plus ou moins facile. Bien souvent, en saisissant EXIF ou IPTC dans le menu « aide », on peut y accéder rapidement. Dans le cas contraire, il ne faut surtout pas hésiter à dérouler les menus un à un afin de prendre connaissance de leur contenu.

Au final, compléter les données EXIF et IPTC s’avère important. Cela permet non seulement de situer précisément l’origine d’une image, mais également d’entrer plus facilement en contact avec l’auteur. Il s’agit en fait d’un marquage numérique. Toutefois, contrairement au filigrane visuel, les informations n’apparaissent pas directement sur la photo. Ainsi, il n’y a aucun risque qu’elle soit dénaturée.

Faire valoir un droit d’auteur

Une photo est une œuvre de l’esprit. En tant que telle, elle est soumise au droit d’auteur. Le texte de loi qui fait référence dans ce domaine est l’article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle. Il stipule que : « L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d’ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d’ordre patrimonial (…) ». 

Si en France, les photos sont protégées par défaut par le droit d’auteur, ce n’est pas le cas dans d’autres pays. Aux États-Unis par exemple, la loi ne reconnaît pas l’une des composantes du droit d’auteur qui est le droit moral, et exige a tout propriétaire d’images des formalités pour être considéré comme auteur. Cela veut signifier que ce dernier doit apporter la preuve formelle qu’il dispose bien d’un droit d’auteur sur l’œuvre publiée. Pour ce faire, la convention universelle de 1952 a apporté une innovation majeure : le copyright ©.

Le copyright garantit en quelque sorte une protection dans tous les États signataires de cette convention. Une photo bénéficiant de cette mention ne peut être utilisée sans le consentement de son propriétaire ou de ses ayants droit. Cela ajoute une protection supplémentaire. Ainsi, il est conseillé aux photographes (débutants, intermédiaires ou professionnels) de procéder à un dépôt de copyright pour faire valoir leur droit d’auteur sur leurs créations.

Même si l’utilisation du copyright n’a aucune portée juridique en France, le web n’a pas de frontière. Autant se résoudre à déposer ses œuvres pour être en mesure de faire valoir un droit d’auteur en cas de problème. Pour effectuer un dépôt de copyright, il y a 3 possibilités :

  • un site de dépôt en ligne ;
  • un officier public ;
  • l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle).

En conclusion, en photographie, la protection des images est un enjeu majeur. Certaines mesures peuvent être plus rapidement mises en œuvre que d’autres. Le cumul garantit par ailleurs de bons résultats.

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