logistique-145 – Logistique écologique ou logistique verte : de quoi parle-t-on ?

Logistique écologique ou logistique verte : de quoi s’agit-il ?

Le secteur de la logistique est directement concerné par la volonté des acteurs économiques et des clients de limiter l’impact sur l’environnement du transport, du stockage des marchandises, de la préparation de commandes et de la livraison. La Supply Chain est donc engagée dans une démarche verte, écologique et durable, une démarche qui, au-delà d’être dans l’air du temps, est devenue une nécessité et une réalité.

Comment se matérialisent les différentes pratiques logistiques pour y parvenir et quelles sont les solutions à mettre en place par les entreprises ? Quel est l’impact de ces actions sur les coûts de gestion des flux des produits et des matières premières ? Les entreprises les plus avancées dans le domaine et les plus vertueuses doivent-elles communiquer à ce sujet, au risque de se voir reprocher de pratiquer le greenwashing ?

De nombreuses questions dont les réponses sont autant de défis à relever par un secteur dont le rôle essentiel est, comme nous allons le constater, très souvent méconnu et sous-estimé par le consommateur.

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Les objectifs et les défis de la logistique verte

La logistique verte désigne l’ensemble des solutions et des politiques visant à la réduction de l’impact environnemental de la chaîne logistique. Ce qui peut paraitre simple et évident sur le papier l’est beaucoup moins dans la réalité de la vie quotidienne des entreprises logistiques, étant donné le très large spectre de leur domaine d’activité : approvisionnement en ressources, stockage des marchandises, préparation des commandes, transport et livraison des colis jusqu’aux clients.

Les principaux objectifs de la logistique verte ne vont pas à l’encontre de la rentabilité économique, bien au contraire. En effet, les différentes mesures qu’il est possible de mettre en place s’inscrivent dans une logique visant à réduire les coûts de fonctionnement, maintenir ou améliorer la qualité de service et afficher un bilan environnemental plus doux pour la planète.

Sur ce point, les entreprises logistiques ayant fait des efforts significatifs constatent que ces efforts se traduisent par une diminution de leur consommation d’énergie, de ressources et par une moindre production de déchets, notamment dans le secteur des emballages.

Les enjeux de la logistique verte, qui ne sont pas tous directement orientés vers l’environnement, sont les suivants :

  • la mesure et la réduction de l’empreinte carbone : choix et organisation de la flotte de véhicules, gestion de la consommation de l’entrepôt, emballages écologiques et recyclage des produits en fin de vie ;
  • l’intégration de l’environnement dans les relations avec les entreprises partenaires ;
  • l’amélioration de l’image de marque de l’entreprise. 

La communication des entreprises logistiques engagées dans une politique écologique se heurte souvent au paradoxe des nouveaux modes de consommation. En effet, le consommateur se montre généralement très sensibilisé par l’origine éthique et écologique du produit dont il fait l’achat, mais souhaite toujours un envoi rapide de son colis, sans se soucier de l’impact réel de son cycle total de vie.

Le rôle de la Supply Chain est donc méconnu du grand public, en dépit de son importance concrète et de son incidence sur le flux des marchandises. Les entreprises logistiques déterminées à agir pour l’environnement doivent donc le faire savoir et communiquer à ce sujet. L’amélioration de l’image de marque permet, selon de nombreuses études, de dynamiser les ventes jusqu’à 20 % en plus, de trouver de nouveaux partenaires et de nouveaux clients.

Les axes d’amélioration et l’application des solutions durables

Comment agir concrètement et à travers quelles solutions ? Voici les différents axes de réflexion et d’action, secteur par secteur.

La gestion des approvisionnements

Il est possible de sélectionner des fournisseurs ayant intégré des critères écologiques dans les processus de fabrication de leurs produits : matières premières moins polluantes et conception d’emballages dénués de plastique et simples à recycler.

Il peut également être judicieux de favoriser des fournisseurs situés à proximité de l’entrepôt, de façon à limiter le bilan carbone global.

Le management environnemental de l’entrepôt

Un entrepôt logistique est une source importante de consommation de ressources et de production de déchets. Pour limiter l’impact du fonctionnement d’un entrepôt, il est possible d’agir dès sa construction (certifications HQE, Leed ou Breeam) quand un tel projet est envisagé ou économiquement envisageable.

Il est également indispensable de mettre en place une politique active de réduction de la consommation d’énergie et d’eau auprès des collaborateurs travaillant dans l’entrepôt. Il en est de même pour la production de déchets, qui doivent être triés et limités, grâce à des mesures pour éviter le gaspillage et l’utilisation inutile de produits consommables.

La gestion des stocks et l’organisation du flux des marchandises à l’intérieur de l’entrepôt peuvent aussi être améliorées, avec pour objectif la réduction des risques de dommages ou de péremption des produits stockés.

Le choix d’emballages écologiques et adaptés aux produits

L’emballage des produits et des colis est souvent pointé du doigt, pour son manque de rigueur et parfois de bon sens. En effet, il est fréquent de constater l’utilisation d’un emballage beaucoup plus grand que le volume nécessaire à l’envoi d’un produit. Une étude canadienne récente a démontré que le transport de colis mal conditionnés génère annuellement 122 millions de tonnes d’émissions de CO2 à travers le monde.

Pour lutter contre cette sensation de transporter du vide, il est donc conseillé de multiplier les formats d’emballages disponibles et de veiller à privilégier des emballages réutilisables ou fabriqués en matériaux recyclables.

Les choix de transport et de livraison

Sans grande surprise, la pollution engendrée par le transport des marchandises et la livraison des colis est l’enjeu le plus important de la logistique verte, car il est aussi le plus visible et le plus concret pour les clients.

À l’heure où les grandes métropoles françaises ont de plus en plus de mal à respirer convenablement et où la circulation est synonyme de stress et de retards, la logistique verte a un véritable pouvoir d’action et de communication. En effet, le consommateur ne peut plus ignorer l’impact considérable des véhicules de livraison sur la pollution, mais aussi sur l’encombrement des villes.

Le transport fait donc l’objet de plusieurs axes d’amélioration, qui sont les suivants :

  • optimiser la gestion de la flotte de véhicules : meilleure planification des itinéraires de livraison et du remplissage des véhicules ;
  • réduire le niveau de dépendance aux carburants fossiles en investissant dans des véhicules plus propres ;
  • former les conducteurs à l’écoconduite, pouvant se traduire par une diminution de 10 % de la consommation de carburant par trajet ;
  • utilisation des plateformes et de solutions de livraison du dernier kilomètre : les colis sont déposés à proximité des centres-villes et sont acheminés jusqu’aux clients avec des véhicules électriques, hybrides ou des vélo-cargos ;
  • favoriser le transport intermodal ou multimodal pour les grandes distances.

Pour de nombreux acteurs du secteur logistique, le transport, en raison de son impact majeur sur les émissions de gaz à effet de serre et son caractère visible par le consommateur, est le point sur lequel il est indispensable de concentrer les investissements. De plus, il semble évident que les efforts consentis aujourd’hui sont aussi une anticipation des problématiques des années à venir.

En effet, vaut-il mieux agir en amont ou être mis économiquement sous pression quand les restrictions et les normes de pollution à respecter deviendront obligatoires ?

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